#4 Voyage en Europe les débuts

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Cela fait un moment que je voulais me poser pour écrire un article, les choses n'ont pas tourné comme je le souhaitais, c'est donc ça les aléas du voyage, un périple, semé de chemin de traverses, de belles rencontres, d'expérimentation, de découvertes.

Le début de ce voyage m'a obligé à prendre mes marques, la première nuit à 1200m d'altitude à Morzine a été une première pour moi de dormir sous tente dans la neige par une température basse en-dessous du 0° Celsius, et aussi trouver de quoi rester discret, pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas du matin, il est exclu que l'on me réveille parce que ma tente dérange des gens voulant « l'ordre ».

Le départ

Mon panneau préparé la veille, direction Châtel, je passe ma dernière nuit avec un confort au plus haut,du chauffage, la douche chaude et la douceur d'un lit.

Le jour J est arrivé, nous sommes le 2 janvier 2020, je me sens bizarre... une sensation inconnue envahit mon corps, je sens que je perds le contrôle de la situation, je ressens une peur de vide intérieur. Je reprend mes esprits, il faut s'abandonner au voyage, foncer et... de toute façon c'est trop tard. :)

Je contrôle mon matériel avec ma liste dédiée, où chaque élément est pesé (ou presque) au gramme près, je range mon ordinateur qui contient la liste en dernier, le sac est lourd à 18.4 Kg, bien plus qu'à mon premier contrôle à 15.4 Kg sans l'eau ni la nourriture. Tout est prêt, il n'y a plus qu'à le mettre sur les épaules. J'aurai pu nettement l'alléger, mais ceci aurait impliqué l'achat de plusieurs matériels dits « techniques » spécialement fait pour le trek et les longs voyages, j'ai fait le choix que non, je n'achèterai que le minimum, par souci écologique et aussi financier.

Me voilà parti, il est 16h, je rejoins la route connue des auto-stoppeurs et auto-stoppeuses à Monthey, en 5 minutes à peine, un homme me prend, très sympathique, il me pousse jusqu'au col du Corbier, et me conseille de le faire en entier ou de rester en bas pour la nuit.

Je prépare mon deuxième panneau « Morzine - Cluses » à un arrêt de bus, il fait nuit.

Panneau de rue Route de la Solitude

Morzine

Me voilà arrivé à Morzine grâce à mon deuxième chauffeur, un hollandais taximan qui me fait remarquer que mon « english » n'est pas « fluent ». C'est vrai, il y a du travail au niveau des langues mais je m'en sors pas trop mal, va me falloir bosser tout ça.

Je visite Morzine, mon sac est lourd, mon dos crie au secours, et là c'est le drame, une fromagerie apparaît devant moi, me titillant de trouver une tomme de chèvre, elle me tiendra deux jours. Je continue, et je cherche un bar avec un peu d'Internet, ça tombe bien il y en a un, j'y entre et commande une mousse.

Me voilà posé seul à une table, essayant tant bien que mal de me connecter au wifi, le certificat TLS du site est expiré, les ennuis commencent, moi qui voulait prévenir la famille que j'étais encore en vie (sauf mon dos), après une heure de débattue, je me rabats sur ces foutus SMS qui coûtent une blinde et vendu des milliers de fois le prix que ça coûte. Je tente un emoji, et paf ça passe direct à deux SMS, je restreins donc tout mes caractères et supprime l'emoji, me voilà forcé au minimalisme textuel. La famille est prévenue, c'est bon.

Il est temps de trouver un lieu où poser la tente, sur le chemin je croise des biches, il m'aura fallu 2-3 kilomètres pour trouver un lieu à plat, discret, qui me laissera dormir en toute sérénité, j'ai plus peur des humains débiles qui viendraient me réveiller que du froid il faut dire... d'ailleurs c'est interdit de me réveiller selon ma propre loi.

Le réveil

Au réveil j'étais froid (non je plaisante), juste les pieds un peu gelé, le reste du corps est chaud avec mes quatre couches d'habits. Fatigué par la recherche de l'endroit où dormir de la veille, je fais perdurer mon sommeil jusqu'à 9 heures. Je prends le petit déjeuner, une orange bio qui a pris froid et des crackers, c'est juste très bon. Ma gourde n'a pas gelé, je l'ai mise dans le sac de couchage à titre préventif et l'eau était à bonne température, tout comme l'ensemble de mes batteries.

Je regarde le paysage, c'est magnifique et montagneux, à part la route proche c'est un calme paisible. Je plie la tente les mains gelées, et je reprend la route, les pieds dans la neige.

Le stressé

Après bien vingt minutes d'attente, car il faut dire que Morzine est prisée des anglais·es, qui n'ont que faire de moi, un monsieur me prend, il est en retard, je me presse de mettre mon sac dans son coffre, c'est parti pour Cluses.

La route est belle, les paysages magnifiques, je tente de faire la conversation mais ce n'est pas évident, il doit aller chercher des client·e·s à Cluses et il y a beaucoup de touristes sur notre chemin, il me dit être très stressé par la société qui veut tout tout de suite, je tente de le détendre vainement, il roule un peu vite. Je ne compte plus les insanités « chié, merde, putain, bordel » que le monsieur a dit a haute voix, ces joyaux de la langue française me surprendront toujours.

On arrive à Cluses, et il se rend compte qu'il devait aller chercher ses client·e·s pour les amener à Cluses, il est tendu comme un string. Et hop départ pour l'aéroport de Genève, mon itinéraire changera quelque peu puisqu'il me dépose à Saint-Julien-en-Genevois.

Wifi tu m'auras

Je vois au loin un magasin Casino, j'ai bien envie d'une boisson chaude et de trouver du wifi, n'ayant pas pu tout régler avant de partir, et aussi cela me permettrai de prévenir d'autres proches que tout se passe bien, je n'ai pas Whatsapp et ne peut donc faire un « groupe », j'ai Matrix/Riot comme messagerie instantanée mais la famille n'a pas encore migré. :P

J'arrive vers le bâtiment, je déchante, c'est un casino de jeux, allez je tente le tout pour le tout, je vais demander si c'est possible de boire un café et d'avoir du wifi, on me répond que oui, la personne de l'accueil prend mon sac à des fins de sécurité et me laisse prendre mon PC portable. Me voilà au bar, je demande un café au barista et je me connecte au wifi, ça ne fonctionne pas, je cherche le problème car je ne reçois pas d'adresse IP sur mon PC, j'en mets une fixe au hasard, cela fonctionne. Je lis les conditions d'utilisation sur le portail captif car un peu de lecture fait toujours du bien, j'accepte, le portail accepte ma connexion... mais cela ne fonctionne pas.

J'ai perdu une heure avec un wifi pourri, j'ai vidé la batterie de mon PC, que j'ai également utilisé pour recharger mon téléphone, tout est à plat, calisse.

Les grandes routes c'est nul pour le stop

Je m'apprête à partir, dépité, et demande la note au serveur, celui-ci m'offre le café, je reprends mon énorme sac et repars direction Annecy. La route est très fréquentée mais personne ne s'arrête, cela devrait être l'inverse pourtant, j'ai bien attendu 30 minutes. Voyant que cela ne fonctionne pas, je renforce l'écriture et dote mon panneau d'un cœur, mettons un peu d'amour sur ces routes ! Dix minutes plus tard, un jeune homme s'arrête, me dépose à Châble, une autre voiture me prend et m'amènera jusqu'à Annecy. Je m'en doutais, mieux vaut privilégier les petites routes comme beaucoup d'autostoppeur·stoppeuses l'ont dit.

Arrivée à Annecy

J'arrive à Annecy, un bar me charme, il a du wifi, peut-être que celui-là fonctionnera... un monsieur au bar me propose de poser mon sac, suite au prochain article ! :)